par Pierre Arthapignet

L’activité sportive et le golf tout particulièrement sont ou peuvent devenir des espaces de développement personnel et de progrès dans le domaine cognitif, ce qui fait, de la préparation mentale, toute la difficulté et la complexité.

Un de mes amis golfeurs me confiait récemment utiliser le golf comme révélateur de personnalité pour choisir ses  futurs collaborateurs !

Nous jouons comme nous pensons, et nous pensons comme nous jouons, c’est d’ailleurs certainement là la limite de l’apprentissage technique et de la préparation physique.

Il n’y a pas de frontière dans nos fonctionnements cérébraux, cela signifie que si nous faisons évoluer nos façons de penser et de ressentir pour mieux jouer au golf, nous évoluons alors également dans d’autres contextes de notre vie, que ce soit sur le plan personnel, professionnel, social ou affectif.

C’est peut être là d’ailleurs que se situe l’obstacle majeur de la préparation mentale, elle nous implique au-delà de ce que certains ne voient que comme un jeu, mais qui, à haut niveau, implique notre vie entière, nos façons de penser, de projeter, d’imaginer, nos stratégies de réussites ou d’échec et aussi nos façon de réagit et de considérer nos émotions.

Mais qu’est ce que la préparation mentale et que peut on en attendre ??

Les trois leviers ou les trois grandes forces sur lesquelles repose le golf sont le mental, la technique et le physique.

Ces trois forces sont liées et interagissent les unes sur les autres. En négliger une revient à déséquilibrer l’ensemble et c’est le déséquilibre qui fait obstacle à la progression.

C’est une vision systémique qu’il fait développer pour améliorer ou performer dans le golf, haut lieu de l’Excellence. Privilégier l’un ou l’autre de ces trois aspects et/ou négliger un des autres, revient à condamner l’équilibre nécessaire et indispensable à la performance.

Chacun de ces leviers représente une énergie différente et complémentaire. La technique est le levier passif, le physique le levier actif. Le mental est le liant de ces deux aspects pouvant paraître opposés, il est là pour les coordonner les diriger et leur donner le sens sans lequel nul effort ne vaut d’être vécu.

Peut-on oublier que c’est notre cerveau qui régit l’ensemble de nos fonctions conscientes et inconscientes. Je ne parle pas ici de l’inconscient freudien, cette conception subjective de nos fonctionnements, mais plutôt de ce traitement non conscient de l’information qui est à la base de tout ce que nous faisons, bien ou moins bien.

Technique, swing, putt mais aussi stratégie, tout part de notre activité cérébrale et on peut dès lors s’étonner de l’importance relativement faible que le golf en général et le golf de haut niveau en  particulier accorde si peu de moyens à ce levier du changement et de la performance.

« Chassez le naturel il revient au galop » nous rappelle l’adage si souvent rabâché par celles et ceux qui voient un danger dans tout changement. Aussi il convient de mettre à jour la représentation de ce que nous appelons le changement.

Il ne s’agit en aucun cas de supprimer quoi que ce soit, c’est cérébralement impossible. Changer, c’est apprendre, c’est rajouter de nouveaux choix là ou c’est nécessaire, là ou nos limites nous empêchent de réussir.

La préparation mentale consiste donc à développer de nouveaux apprentissages, mentaux ou émotionnels, pour faire face à toutes les situations.

Elle concerne alors l’ensemble de nos émotions, stress, peurs, et toutes celles qui nous limitent parfois dans notre réussite. Elle concerne également la motivation et tous les modes de pensée qui nous conduisent aux limites que nous sommes seuls à nous fixer.

Elle améliore également l’apprentissage du geste sportif, les corrections du schéma corporel, les modifications dans le geste technique.

Pour finir, la préparation mentale nous aide à maintenir un corps en pleine forme et peut même parfois accélérer les processus de guérison de blessures.

Mais la préparation mentale, c’est aussi donner du sens pour mieux jouer, prendre conscience des buts poursuivis, concevoir des objectifs opérationnels, imaginer des résultats réalistes et élaborer les moyens nécessaires pour y parvenir.