par Pierre Arthapignet

« Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité » écrivait Saint Exupéry.

Passer du rêve à la réalité, du mental au physique, c’est le parcours que je vous propose en quelques lignes. 

La source principale de notre motivation se trouve certainement dans les rêves que nous voulons voir se réaliser et comme la plupart du temps "nous devenons ce que nous pensons", autant être vigilant sur la manière dont nous pensons !

A l’évidence nous sommes maîtres de nos pensées, comme d’ailleurs de nos comportements et nos émotions. Toute la question repose alors sur le "comment penser", et la réponse est essentielle pour tout golfeur, qu’il souhaite simplement prendre du plaisir à jouer, améliorer son handicap ou gagner un tournoi.

Aussi dans ce second article sur la préparation mentale, nous allons entrer de plain-pied dans l’expérience de la maîtrise de la pensée.

Au golf, penser c’est en premier lieu utiliser son cerveau pour réfléchir, imaginer son parcours et jouer bien sûr ! Notre corps n’agit pas seul, fort heureusement d’ailleurs. C’est bien notre pensée qui coordonne nos gestes afin d’expédier cette "sacrée" petite balle au drapeau.

Mais penser à quoi, ou plutôt penser comment ?

Penser de façon à définir une stratégie, concevoir un objectif opérationnel et cette pensée là revêt une importance toute particulière pour la réussite de l’action à entreprendre. Je lis beaucoup d’articles et d’ouvrages traitant de cette notion d’objectif et j’ai conscience d’aborder ici un sujet que tout golfeur souhaitant améliorer sa performance a déjà dû aborder.

En premier lieu nous allons faire la distinction entre trois notions souvent confondues, à savoir l’objectif, le résultat et les moyens.

L’objectif est une représentation mentale de ce que nous voulons obtenir dans le futur. C’est une représentation interne qui n’a nul besoin de mots pour exister, au point même que toute verbalisation interne ou externe ne peut que perturber notre fonctionnement mental et est donc prioritairement à exclure !

Se fixer un objectif, c’est tout d’abord construire une représentation mentale de ce que l’on veut et cela implique les trois modalités ou composantes de nos pensées. La représentation mentale d’un objectif est un véritable film interne à 3 dimensions :

  • visuelle, c'est à dire une image de ce que l’on veut
  • auditive, en intégrant des sons comme le bruit de l’impact sur la balle
  • kinesthésique, ce sont toutes les sensations physiques et les émotions nécessaires à la réalisation de l’objectif.

Cette première étape nécessite quelques apprentissages. En effet, ce n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire car il faut beaucoup de précisions pour construire cette représentation qui constitue un ordre que notre cerveau va ensuite exécuter.  Pensez mal et vous jouerez mal !

Mais ce n’est pas tout car une autre évidence se fait jour : celle de la maîtrise et du contrôle.

Un objectif ne doit inclure que des éléments qui ne dépendent que de vous (je rajouterais ça ou quelque chose du genre  pour introduire la suite). Donnez à votre cerveau l’ordre de contrôler des éléments extérieurs qui ne sont donc pas sous votre contrôle et vous verrez instantanément votre niveau de stress augmenter. Se centrer sur ce qui ne dépend pas de nous, c’est augmenter la conscience du danger et c’est surtout se décentrer de ce que nous pourrions maîtriser ! Plus le stress augmente plus difficile sera la coordination des mouvements et alors démarrera la spirale de l'échec.

De plus, lorsque notre cerveau est mobilisé pour contrôler quelque chose qui ne l’est pas (le vent, la pluie, un rebond), il est alors incapable de se mobiliser entièrement sur ce qui est de son ressort, c'est à dire le geste, les émotions, la pensée. Il faut donc que cette représentation mentale qu’est l’objectif ne concerne que ce qui dépend directement de notre neurophysiologie.

Tout le reste, ami golfeur, s’appelle un résultat ! Et centrer son énergie sur un résultat vous décentre de votre objectif et c’est alors l’assurance d’obtenir un résultat catastrophique !

« Oui, mais ce que je veux » me disait Bertrand un pro que je coache aujourd’hui « ce que je veux c’est l’enquiller ». Certes l’enquiller est LE résultat à atteindre, mais un golfeur, aussi exceptionnel soit-il n’a en aucune manière la maîtrise sur les différents paramètres de vol de la balle. Hygrométrie, rotation, température, pressions sont autant d’éléments qui varient du point de départ jusqu’au point d’impact. Et que dire de l’atterrissage de la balle, de son rebond, du roulage qui dépendent d’autres paramètres tout aussi nombreux et inconnus ?

Prendre un résultat pour un objectif a donc deux conséquences l'une comme l'autre toute aussi nuisible à la performance :

  • cela augmente le stress
  • chute de l’énergie mentale et physique n’est alors plus disponible, nécessaire à la réalisation du geste technique.

De cette façon vous êtes maintenant en mesure de distinguer le résultat que vous souhaitez obtenir et de l’objectif qu’il faut atteindre pour l’obtenir.

Pour y parvenir, il faudra alors mettre en œuvre des moyens que l’on peut classer en deux parties indissociables :

  • les moyens matériels, essentiellement le club et son choix
  • les moyens physiques, c'est-à-dire l’ensemble des segments du corps impliqués dans un swing.

Ces moyens découlent directement du diagnostic de la situation dans laquelle vous vous trouvez au moment de jouer. Ce diagnostic inclus la position de la balle, son lie, les obstacles à franchir, la distance à franchir, le vent, la pente, votre état physique et mental.

A partir de là, vous allez pouvoir imaginer le résultat attendu, ou plutôt les résultats  car ils sont au nombre de deux : le premier, c’est bien sur le point de chute de la balle et son roulage, le second, c’est la trajectoire de la balle.

Et l’objectif alors ? C’est devant la balle que vous le fixerez, selon quatre paramètres :

  • la vitesse de la tête de club
  • sa direction
  • son ouverture
  • son inclinaison

Seuls ces 4 paramètres extérieurs ne dépendent que de vous, c’est donc avec la plus grande précision qu’il vous faudra les déterminer pour donner à votre cerveau un objectif parfaitement maîtrisable, selon votre niveau technique.

D’autres paramètres, internes ceux là, ne dépendent directement que de vous : ce sont nos émotions et nos états. Ils feront l’objet d’un prochain.

par Pierre Arthapignet

L’activité sportive et le golf tout particulièrement sont ou peuvent devenir des espaces de développement personnel et de progrès dans le domaine cognitif, ce qui fait, de la préparation mentale, toute la difficulté et la complexité.

Un de mes amis golfeurs me confiait récemment utiliser le golf comme révélateur de personnalité pour choisir ses  futurs collaborateurs !

Nous jouons comme nous pensons, et nous pensons comme nous jouons, c’est d’ailleurs certainement là la limite de l’apprentissage technique et de la préparation physique.

Il n’y a pas de frontière dans nos fonctionnements cérébraux, cela signifie que si nous faisons évoluer nos façons de penser et de ressentir pour mieux jouer au golf, nous évoluons alors également dans d’autres contextes de notre vie, que ce soit sur le plan personnel, professionnel, social ou affectif.

C’est peut être là d’ailleurs que se situe l’obstacle majeur de la préparation mentale, elle nous implique au-delà de ce que certains ne voient que comme un jeu, mais qui, à haut niveau, implique notre vie entière, nos façons de penser, de projeter, d’imaginer, nos stratégies de réussites ou d’échec et aussi nos façon de réagit et de considérer nos émotions.

Mais qu’est ce que la préparation mentale et que peut on en attendre ??

Les trois leviers ou les trois grandes forces sur lesquelles repose le golf sont le mental, la technique et le physique.

Ces trois forces sont liées et interagissent les unes sur les autres. En négliger une revient à déséquilibrer l’ensemble et c’est le déséquilibre qui fait obstacle à la progression.

C’est une vision systémique qu’il fait développer pour améliorer ou performer dans le golf, haut lieu de l’Excellence. Privilégier l’un ou l’autre de ces trois aspects et/ou négliger un des autres, revient à condamner l’équilibre nécessaire et indispensable à la performance.

Chacun de ces leviers représente une énergie différente et complémentaire. La technique est le levier passif, le physique le levier actif. Le mental est le liant de ces deux aspects pouvant paraître opposés, il est là pour les coordonner les diriger et leur donner le sens sans lequel nul effort ne vaut d’être vécu.

Peut-on oublier que c’est notre cerveau qui régit l’ensemble de nos fonctions conscientes et inconscientes. Je ne parle pas ici de l’inconscient freudien, cette conception subjective de nos fonctionnements, mais plutôt de ce traitement non conscient de l’information qui est à la base de tout ce que nous faisons, bien ou moins bien.

Technique, swing, putt mais aussi stratégie, tout part de notre activité cérébrale et on peut dès lors s’étonner de l’importance relativement faible que le golf en général et le golf de haut niveau en  particulier accorde si peu de moyens à ce levier du changement et de la performance.

« Chassez le naturel il revient au galop » nous rappelle l’adage si souvent rabâché par celles et ceux qui voient un danger dans tout changement. Aussi il convient de mettre à jour la représentation de ce que nous appelons le changement.

Il ne s’agit en aucun cas de supprimer quoi que ce soit, c’est cérébralement impossible. Changer, c’est apprendre, c’est rajouter de nouveaux choix là ou c’est nécessaire, là ou nos limites nous empêchent de réussir.

La préparation mentale consiste donc à développer de nouveaux apprentissages, mentaux ou émotionnels, pour faire face à toutes les situations.

Elle concerne alors l’ensemble de nos émotions, stress, peurs, et toutes celles qui nous limitent parfois dans notre réussite. Elle concerne également la motivation et tous les modes de pensée qui nous conduisent aux limites que nous sommes seuls à nous fixer.

Elle améliore également l’apprentissage du geste sportif, les corrections du schéma corporel, les modifications dans le geste technique.

Pour finir, la préparation mentale nous aide à maintenir un corps en pleine forme et peut même parfois accélérer les processus de guérison de blessures.

Mais la préparation mentale, c’est aussi donner du sens pour mieux jouer, prendre conscience des buts poursuivis, concevoir des objectifs opérationnels, imaginer des résultats réalistes et élaborer les moyens nécessaires pour y parvenir.

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